Un match de haut niveau, où les données de déplacement et d’intensité peuvent être suivies par des systèmes électroniques. Photo : Agência Brasil / Wikimedia Commons.

La pièce noire que l’on aperçoit parfois sous le maillot des footballeurs n’est généralement pas une brassière destinée à protéger le torse. Il s’agit surtout d’un gilet très ajusté conçu pour maintenir un petit capteur dans une position stable, le plus souvent entre les omoplates. Dans le football professionnel, ces dispositifs font partie des systèmes électroniques de suivi des performances, souvent regroupés sous le sigle EPTS. Certains utilisent le GPS ou d’autres systèmes de localisation, associés à des capteurs inertiels capables de mesurer les mouvements du joueur.
Pendant un entraînement ou un match, le boîtier peut enregistrer la distance totale parcourue, les vitesses atteintes, le nombre de courses à haute intensité, les accélérations, les décélérations et les changements de direction. Selon le matériel utilisé, il peut aussi être associé à d’autres données, comme la fréquence cardiaque. L’objectif n’est pas de résumer un joueur à un chiffre, mais de donner au staff une mesure plus précise de l’effort réellement produit sur le terrain.
Ces informations sont particulièrement utiles pour gérer la charge de travail. Deux joueurs peuvent terminer la même séance sans avoir fourni exactement le même effort. Un latéral qui multiplie les courses longues, un milieu qui enchaîne les changements de rythme et un défenseur central ne présentent pas le même profil physique. Les préparateurs peuvent comparer les données avec les habitudes du joueur, ajuster les séances suivantes et éviter de lui demander brutalement beaucoup plus que ce qu’il supporte habituellement.
Le suivi devient aussi intéressant lors d’un retour après blessure. Avant de remettre un joueur en compétition, le staff peut vérifier s’il retrouve progressivement les volumes de course, les accélérations et les intensités qu’il produisait auparavant. Cela ne signifie pas que le capteur peut annoncer qu’une blessure va survenir. Il fournit des indicateurs de charge et de mouvement qui doivent être interprétés avec l’examen médical, les sensations du joueur et le travail des préparateurs physiques.
Les données servent également à l’analyse tactique. Lorsqu’un système permet de suivre précisément les positions, le staff peut observer les distances entre les lignes, les déplacements d’un bloc, le pressing ou les zones occupées. En compétition officielle, l’utilisation de ces équipements est encadrée afin que le dispositif soit sûr pour le joueur et que les informations transmises vers la zone technique soient fiables.
La forme très serrée du gilet répond donc à une nécessité simple : le capteur doit rester près du corps, sans rebondir ni gêner les mouvements. Ce que le spectateur voit comme une petite brassière est en réalité l’une des portes d’entrée du football moderne dans l’analyse de données. Elle ne remplace ni l’œil de l’entraîneur ni le médecin, mais elle permet de mesurer une partie du travail que l’on ne peut pas évaluer précisément à la télévision.
Le Récap FootActu24
Cinq infos, le mercato et les grands matchs : le récap FootActu24.
Recevoir le récap Inscription gratuite. Désabonnement en un clic. Confidentialité.