Gianni Infantino lors d’un précédent événement de la FIFA (archive).
Gianni Infantino a présenté jeudi 15 octobre des excuses au Conseil de la FIFA au sujet de la préparation et de la communication du projet FIFA Forward Enterprise. Cette initiative controversée envisageait la création d’une structure commerciale et l’entrée d’investisseurs privés au capital d’une entreprise chargée de valoriser des compétitions majeures, dont la Coupe du monde. Le projet a finalement été abandonné, mais les responsables des fédérations anglaise et allemande estiment que les explications fournies restent insuffisantes. Les tensions sur la gouvernance du football mondial ne sont donc pas retombées.
Le président de la FIFA reconnaît des erreurs dans le processus de consultation et défend l’objectif affiché de dégager davantage de ressources pour les associations membres. Ses contradicteurs demandent cependant à accéder aux documents détaillant les discussions et à comprendre comment une initiative d’une telle ampleur a pu avancer sans débat plus large. Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise, et Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande, ont exprimé publiquement leurs réserves à l’issue d’une réunion particulièrement tendue à Zurich.
La controverse touche à des enjeux financiers considérables, mais aussi à la manière dont les décisions sont prises dans une organisation qui rassemble 211 associations. La transparence des projets commerciaux est essentielle lorsque ceux-ci peuvent modifier durablement la répartition des revenus du football. Le dossier Balogun et d’autres choix politiques de la FIFA se sont également invités dans les discussions, accentuant la défiance de certains dirigeants européens. Infantino conserve toutefois des soutiens importants, notamment parmi des représentants de fédérations africaines, ce qui rend une évolution immédiate du rapport de force incertaine.
La prochaine élection présidentielle de la FIFA, prévue en mars 2027, pourrait servir de point de cristallisation à cette contestation. À court terme, les critiques attendent surtout la communication des éléments demandés et des garanties sur les procédures futures. Les excuses exprimées constituent un geste politique, mais elles ne remplacent pas les décisions institutionnelles susceptibles de restaurer la confiance. L’affaire illustre la difficulté de concilier recherche de nouveaux financements, équilibres de pouvoir et obligation de rendre des comptes à toutes les fédérations.
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