Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016.
Le symbole est lourd pour Gianni Infantino. L’Association suisse de football a retiré son soutien à la candidature du président de la FIFA pour un nouveau mandat, alors qu’elle l’avait encore officiellement appuyé en juin. La décision a été prise par le comité central de l’ASF le 25 septembre et rendue publique cinq jours plus tard. Pour l’instance helvétique, les événements des derniers mois ont fait naître des questions qu’elle considère désormais comme suffisamment importantes pour ne plus assumer le soutien accordé au dirigeant italo-suisse.
Le communiqué de l’ASF vise directement la direction, la gouvernance, la transparence et les processus de décision au sein de la FIFA. Peter Knäbel, président de l’association, estime que plusieurs interrogations sur les responsabilités et le fonctionnement de l’organisation n’ont pas reçu de réponses convaincantes. Cette prise de distance intervient aussi après la controverse de l’été autour d’un projet visant à ouvrir une partie des droits commerciaux de compétitions de la FIFA à des investisseurs privés, projet finalement abandonné face à une forte opposition.
Le retrait suisse ne suffit évidemment pas, à lui seul, à déterminer l’issue de l’élection présidentielle de mars 2027. Infantino reste le seul candidat officiellement connu à ce stade. Mais la portée politique du geste dans le football mondial dépasse le nombre de voix représentées par la Suisse. Infantino est citoyen suisse, la FIFA a son siège à Zurich et l’ASF faisait partie de ses soutiens naturels. Voir sa propre fédération nationale changer de position renforce donc l’impression d’un mouvement de défiance qui ne se limite plus aux opposants traditionnels du président.
Plusieurs fédérations européennes ont déjà pris leurs distances, tandis que l’UEFA cherche à structurer une alternative avant la date limite de dépôt des candidatures. Infantino a, de son côté, écrit aux associations membres pour se dire ouvert à un débat sur des réformes. La campagne entre ainsi dans une nouvelle phase : la question n’est plus seulement de savoir combien de fédérations soutiennent encore le président sortant, mais si les critiques sur la gouvernance peuvent se transformer en candidature rivale crédible.
Le vote final appartient aux associations membres de la FIFA. Le retrait de l’ASF ne constitue donc pas un verdict sur le prochain scrutin, mais il change le rapport de force symbolique autour d’un président qui doit désormais convaincre jusque dans son propre pays.
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