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Paolo Maldini et Leonardo ont quitté la Fédération italienne après seulement seize jours, à la suite de l’abandon de la candidature d’Andrea Pirlo.

Italie : Maldini et Leonardo démissionnent après l’échec du dossier Pirlo

Paolo Maldini et Leonardo ont quitté la Fédération italienne après seulement seize jours, à la suite de l’abandon de la candidature d’Andrea Pirlo.

La tentative de reconstruction du football italien a tourné à la crise institutionnelle en seulement quelques jours. Paolo Maldini et Leonardo ont quitté leurs fonctions au sein de la Fédération italienne de football, après l’abandon de la candidature d’Andrea Pirlo au poste de sélectionneur. Maldini n’aura occupé son rôle de directeur technique que pendant seize jours, tandis que Leonardo avait été recruté comme conseiller pour l’accompagner dans la réorganisation des équipes nationales.

Les deux anciens dirigeants de l’AC Milan avaient rejoint la FIGC dans un contexte déjà très tendu. L’Italie venait de manquer une troisième Coupe du monde consécutive et devait remplacer Gennaro Gattuso, parti après l’échec des qualifications pour le Mondial 2026. Leur mission consistait à identifier un nouveau sélectionneur, redonner une direction sportive claire à la Nazionale et rapprocher l’équipe première de la formation des jeunes internationaux.

Guardiola, premier choix inaccessible

La première piste défendue par les responsables italiens menait à Pep Guardiola. L’entraîneur espagnol représentait le profil idéal pour lancer une transformation profonde : prestige international, expérience du très haut niveau et identité de jeu immédiatement reconnaissable. Il a toutefois refusé l’approche de la Fédération italienne, obligeant Maldini et Leonardo à revoir rapidement leur stratégie.

Ce refus a placé les nouveaux dirigeants dans une position délicate. Ils devaient trouver un entraîneur disponible, connaissant le football italien et capable d’accepter un chantier particulièrement risqué. L’équipe nationale traversait l’une des périodes les plus difficiles de son histoire moderne, avec trois qualifications manquées pour la Coupe du monde et une confiance fortement dégradée autour de la Fédération.

Andrea Pirlo s’est alors imposé comme le candidat principal de Maldini. Les deux hommes avaient partagé le vestiaire de l’AC Milan et de la sélection italienne. Champion du monde en 2006, Pirlo incarnait aussi une forme de continuité avec la génération qui avait porté l’Italie au sommet.

Pourquoi la candidature de Pirlo a-t-elle été bloquée ?

Le projet s’est effondré lorsque les liens commerciaux d’Andrea Pirlo avec une société russe de paris sportifs ont suscité une forte opposition. Sa collaboration avec cette entreprise et certaines de ses apparitions publiques en Russie ont provoqué une polémique politique en Italie, dans le contexte de la guerre en Ukraine. La Fédération a finalement renoncé à valider sa nomination.

Pirlo a contesté l’interprétation politique de ses activités commerciales et fait savoir qu’il ne serait plus candidat au poste de sélectionneur. Pour Maldini et Leonardo, cette décision constituait un désaveu majeur : ils avaient placé le technicien au centre de leur projet après l’échec de la piste Guardiola. Leur départ est donc apparu comme une rupture avec la présidence de la FIGC, mais aussi comme le résultat d’un désaccord sur leur véritable pouvoir de décision.

L’affaire soulève une question de gouvernance. Maldini avait été recruté pour définir la stratégie sportive, mais son choix prioritaire n’a pas été validé par les autres responsables de la Fédération. En démissionnant, l’ancien capitaine italien a signifié qu’il ne souhaitait pas rester dans une fonction où ses décisions pouvaient être bloquées sur un dossier aussi important.

Leonardo a suivi la même voie. Le Brésilien avait été choisi comme conseiller en raison de son expérience de dirigeant à l’AC Milan et au Paris Saint-Germain. Son départ simultané montre que les deux hommes considéraient leur mission comme un projet commun et non comme deux fonctions indépendantes.

Seize jours qui résument la crise italienne

La chronologie illustre la vitesse avec laquelle la situation s’est détériorée :

DateÉvénement
11 juillet 2026Paolo Maldini est nommé directeur technique de la FIGC
Mi-juilletPep Guardiola refuse l’approche italienne
Fin juilletAndrea Pirlo devient le candidat privilégié
27 juilletLa candidature de Pirlo est abandonnée
27 juilletMaldini et Leonardo quittent la Fédération
28 juilletRoberto Mancini et Claudio Ranieri sont choisis pour reprendre le projet

En moins de trois semaines, la Fédération a donc perdu son premier choix au poste de sélectionneur, écarté son deuxième candidat et vu partir les deux dirigeants chargés de reconstruire l’ensemble du projet sportif. Reuters décrivait alors une crise immédiate pour le nouveau président de la FIGC, Giovanni Malagò, confronté à un vide à la fois technique et institutionnel.

Mancini et Ranieri appelés pour éteindre l’incendie

Pour sortir de l’impasse, Giovanni Malagò a finalement rappelé Roberto Mancini à la tête de la sélection. Le technicien de 61 ans connaît parfaitement l’environnement de la Nazionale, qu’il avait déjà dirigée pendant 58 rencontres et conduite au titre européen en 2021. Le président de la FIGC a affirmé qu’il considérait Mancini comme la meilleure personne pour reprendre immédiatement l’équipe.

Claudio Ranieri a parallèlement accepté de devenir directeur technique, en remplacement de Maldini. Il supervisera les opérations sportives et le développement du haut niveau dans les différentes sélections nationales. La nouvelle organisation doit permettre de répartir clairement les responsabilités : Mancini gérera l’équipe première, tandis que Ranieri travaillera sur la stratégie générale et la formation.

Cette solution apporte de l’expérience, mais elle donne aussi l’impression d’un retour vers des figures déjà connues plutôt que d’une révolution. Mancini revient après un premier passage marqué par le sacre européen, mais également par l’échec de la qualification au Mondial 2022. Ranieri, âgé de 74 ans, devra quant à lui reconstruire une structure profondément fragilisée par les changements de dirigeants et les désaccords internes.

Une crise plus profonde qu’un simple choix d’entraîneur

Le départ de Maldini et Leonardo ne se résume pas à une préférence pour Andrea Pirlo. Il révèle les difficultés de la Fédération italienne à définir une chaîne de décision stable. Les responsables sportifs, la présidence et les considérations institutionnelles n’ont pas réussi à s’accorder sur le profil chargé de conduire la reconstruction.

La nouvelle équipe Mancini-Ranieri devra désormais rétablir la confiance, renouveler l’effectif et offrir une identité claire à la sélection. Mais elle devra surtout éviter que les tensions internes ne prennent une nouvelle fois le dessus sur le projet sportif. Après une semaine de refus, de candidature bloquée et de démissions, l’Italie possède enfin un sélectionneur et un directeur technique. La stabilité de cette nouvelle organisation constituera cependant son premier véritable test.