Mohamed Sanhadji, ancien responsable de la sécurité et de la logistique des Bleus, est au centre d’une enquête judiciaire.
Le dossier judiciaire de Mohamed « Momo » Sanhadji dépasse désormais la seule question de son rôle historique auprès de l’équipe de France. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans une procédure portant notamment sur des soupçons de corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics et escroquerie, l’ancien responsable de la sécurité et de la logistique des Bleus est aussi au centre d’une série d’éléments financiers et de services personnels rapportés par L’Équipe. À ce stade, ces faits allégués sont examinés par la justice et la mise en examen ne vaut pas condamnation.
Selon l’enquête du quotidien sportif, Sanhadji aurait sollicité des prêts auprès de plusieurs figures du football français pour financer l’achat d’une maison estimée à 440 000 euros. Environ 215 000 euros auraient été réunis. La publication cite notamment 120 000 euros attribués à Fayza Lamari, 20 000 euros chacun à Raphaël Varane, Sabri Lamouchi et Laurent Blanc, 15 000 euros à Yann M’Vila et 7 500 euros à Mattéo Guendouzi. Des messages demandant de garder certains prêts discrets feraient également partie des éléments étudiés.
L’enquête décrit par ailleurs d’autres avantages présumés : frais dentaires réglés, invitations, voyages ou services obtenus auprès de personnalités avec lesquelles Sanhadji avait noué des relations au fil de ses années avec les Bleus. Franck Ribéry, Jamel Debbouze, Patrice Evra ou encore l’entourage de Kylian Mbappé sont mentionnés dans différents épisodes rapportés par L’Équipe. Dans certains cas, il est question de contreparties supposées liées à des démarches, des places de match ou des facilités administratives. Ces affirmations n’ont pas toutes donné lieu à une décision judiciaire établissant leur réalité ou leur qualification pénale.
Le dossier possède aussi une dimension institutionnelle. Philippe Diallo, président de la FFF, aurait expliqué aux enquêteurs que certains comportements décrits étaient incompatibles avec les exigences éthiques et déontologiques de la Fédération. Sanhadji occupait depuis plus de vingt ans une position de confiance autour de l’équipe de France, ce qui donne à l’affaire un retentissement particulier au moment où la sélection entre dans un nouveau cycle.
La défense et l’entourage de l’intéressé contestent l’interprétation faite de plusieurs éléments et indiquent qu’il réservera ses explications à la justice. Cette position est centrale pour comprendre l’état du dossier : les montants et relations rapportés par la presse constituent des éléments d’enquête, pas un jugement définitif. La suite dépendra donc des investigations, des auditions et de l’éventuelle décision des magistrats sur les faits retenus. Pour la FFF, la question est désormais double : suivre la procédure judiciaire et déterminer les conséquences internes d’une affaire qui touche un ancien personnage clé de l’environnement des Bleus.
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