Arsenal vient de vendre Gabriel Martinelli et Gabriel Jesus tout en affirmant vouloir construire une « dynastie ». La formule employée par le directeur général Richard Garlick résume l’ambition immense du champion d’Angleterre, mais elle rend aussi les choix de cette fin de mercato beaucoup plus difficiles à juger avec indulgence. Car les Gunners ont dégagé d’importantes recettes tout en réduisant leur profondeur offensive sans réaliser, dans les dernières heures, le recrutement spectaculaire que beaucoup attendaient.
Sur le plan financier, la logique est défendable. Martinelli part pour environ 60 M£ après avoir été développé pendant plusieurs saisons, tandis que la vente de Gabriel Jesus permet de sortir un joueur dont la valeur avait fortement diminué depuis son achat à Manchester City. Arsenal transforme ainsi deux actifs offensifs en liquidités tout en réduisant sa masse salariale. Pour un club qui veut rester puissant plusieurs années plutôt que remporter un seul titre, savoir vendre au bon moment est aussi important que savoir acheter.
Le risque est surtout sportif
Le problème commence lorsque l’on regarde l’effectif disponible. Martinelli apportait de la profondeur, de la vitesse et une capacité à attaquer immédiatement l’espace. Gabriel Jesus, malgré ses blessures, pouvait évoluer à plusieurs postes et donner une autre texture au pressing. Les remplacer uniquement par une meilleure répartition des minutes suppose que les joueurs restants restent disponibles et progressent suffisamment.
La stratégie peut fonctionner si Arsenal considère que son attaque possédait trop de doublons et qu’une structure plus légère permettra aux meilleurs éléments de jouer davantage. Mais elle devient dangereuse dès qu’une blessure importante intervient ou que les calendriers de Premier League, coupes et Ligue des champions commencent à se superposer.
Une dynastie ne se construit pas seulement en achetant
L’expression utilisée par Garlick doit aussi être comprise dans une logique institutionnelle. Une dynastie, ce n’est pas conserver exactement le même onze pendant cinq ans. Les grandes équipes savent vendre, renouveler et anticiper avant qu’un joueur ne perde toute valeur.
Arsenal semble précisément vouloir entrer dans cette phase : cesser de s’attacher émotionnellement aux joueurs qui ont construit le projet et commencer à gérer l’effectif comme une machine de renouvellement permanent.
Mais cette stratégie ne sera considérée comme brillante que si les résultats suivent.
Le champion d’Angleterre a placé la barre extrêmement haut en parlant de domination durable. À partir de maintenant, chaque trou dans l’effectif sera donc comparé aux 60 M£ récupérés pour Martinelli et aux autres ventes réalisées cet été.
Arsenal peut avoir raison de vendre avant le déclin. Mais lorsqu’on promet une dynastie, on ne peut pas se contenter d’équilibrer les comptes : il faut donner l’impression que chaque départ rend l’équipe plus forte.
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